sur un pont
en bas une barque près de la berge
un corps y est étendu dans du linge blanc
linceul bandages drap momie
je me le demande encore
maintenant je suis assise sur la mer, à fleur d'eau. dans mon dos, à ma gauche
une forme blanche, debout, vivante, mon Ange gardien
c'est ainsi
le mouvement très doux des vagues toutes petites me met dans un
bercement qui avance
haute mer je suis en haute mer
je sens sous moi l'illimité des profondeurs dont la poussée me soutient,
les bords de la terre sont éloignés de tout retour possible
pacifique, je suis au milieu de l'océan pacifique
je vis le contenu
devant moi une lame dressée debout infinie,
une vague en suspension de vapeur d'eau, d'où émane la lumière et qui la reçoit
elle se perd et se confond dans le cosmique
j'ai dit c'est beau en sachant que ma contemplation s'abîmait au delà
par trois fois il m'est proposé d'intégrer l'eau lustrale
par trois fois j'ai su qu'il suffisait de basculer
par trois fois mon mouvement intérieur n'a pu dépasser l'envie
je n'étais pas prête je n'étais pas prête je ne suis pas prête
un bout de sables gris entre des dunettes et des épis raides de joncs secs
où les horizontales des toits et des capots accentuent les accidents du terrain
une plage parking, avec un petit barbecue de salle de bain et de la fumée dans un jour gris ça pue le gras de merguez brûlé et le pneu chaud
on m'a versée là
j'ai débaroulé dans le trivial,
le mot vient se poser dans mon cerveau pour me sortir par les yeux
qui s'ouvrent sur l'inaccompli
depuis je reste éveillée à la vague qui me boira à condition
il m'a été offert d'entrer dans la dissolution, l'histoire ne repasse pas les plats
la mort, si . i . i .
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